jeudi, 10 août 2006

série TV: Smallville

medium_affiche.6.jpgLe personnage de Superman a connu de nombreuses déclinaisons, exploitations, depuis sa création en 1933 par Jerry Siegel sur son support original, à savoir la bande dessinée : en contrepoids du film Superman returns, pour le moins décevant, il convenait de revenir sur la série TV Smallville qui du haut de ses 111 épisodes au compteur (en comptant la saison 6, encore inédite), ne cesse de surprendre par les libertés qu'elle prend avec le mythe...

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mardi, 29 novembre 2005

TV : "ALIAS"

Depuis 2001 aux USA ( 2002 en France), le mot « alias » n’est plus seulement synonyme de surnom, de medium_alias_6.jpgpseudonyme, mais est également le titre d’une série d’espionnage crée par J.J. Abrams (scénariste et réalisateur de Lost et du prochain Mission: impossible 3…). Celle-ci révolutionna le petit monde des séries par une densité scénaristique inédite jusque là dans des créations de ce genre.

L’histoire est beaucoup trop complexe pour être résumée en quelques lignes : le point de départ est la révélation douloureuse (dans tous les sens du terme) faite à Sydney Bristow (Jennifer Garner) que l’agence d’espionnage pour laquelle elle travaille secrètement et si efficacement depuis des années, sous l’apparence d’une simple étudiante, n’est pas une filiale de la CIA mais au contraire une agence « ennemie », terroriste. Elle s’enfonce alors encore plus profondément dans le mensonge, en jouant un (deuxième) double jeu pour la CIA dans le but de détruire l’Alliance, cette agence ennemie. Dans ce combat secret, elle sera soutenue tout particulièrement par Michael Vaughn (Michael Vartan, le neveu de Sylvie), le premier agent de la CIA à qui elle s’adressera après avoir découvert le pot-aux-roses et avec qui elle développera des rapports plus intimes, et surtout par son père, Jack Bristow (Victor Garber), un homme froid et secret qui travaille depuis longtemps pour la CIA au sein de l’Alliance, avec qui elle n’avait que très peu de rapports auparavant et qu’elle apprendra à connaître. L’autre personnage clé de cette série est Arvin Sloane (Ron Rifkin), le chef du SD-6 (branche de l’Alliance dans laquelle œuvrent les Bristow), « ami » de longue date de Jack et sorte de « père adoptif » de Sydney, ce qui rendra d’autant plus douloureuse pour cette dernière la découverte de sa compromission avec l’Alliance, le monde de mensonges dans lequel il l’a fait vivre depuis tant d’années.


D’autres personnages secondaires joueront un rôle plus ou moins important au long des saisons : Marshall Flinkman, l’image même du génial inventeur, un peu hors du monde mais très gentil, M.Sark, un jeune espion très charismatique qui croisera souvent le chemin de Sydney, les trois sœurs Derevko (dont Irina, la mère de Sydney)…
D’autres personnages, aux rôles plus anecdotiques mais toujours travaillés, seront interprétés par de nombreuses célébrités : Quentin Tarantino (qui réalisa d'ailleurs un épisode), Roger Moore, David Carradine, Christian Slater, Faye Dunaway…


L’histoire donne lieu à de très très nombreux retournements de situations et à  l’apparition de doubles, triples, voir quadruples jeux ! Une touche de mystique est même présente par l’intermédiaire de Rambaldi, un prophète mélangeant prédictions à très long terme et inventions scientifiques extrêmement avant-gardistes. Tous ceux qui, comme moi, aiment les scénarios alambiqués à la Metal Gear Solid seront aux anges. Néanmoins, rien n’étant jamais parfait en notre monde, si les deux premières saisons narrant cette histoire de CIA et d’Alliance bénéficient d’un scénario parfaitement logique, travaillé, présentant un nombre incalculable de surprises, de retournement de situations, la troisième sombre dans le n’importe quoi : Sydney se réveille amnésique sans savoir ce qu’elle a fait depuis deux ans, Sloane est devenu un philanthrope, Vaughn s’est marié avec une autre… Ce n’est même pas ce point de départ de troisième saison qui est lamentable, c’est le scénario qui en découlera et qui cumulera des invraisemblances énormes, les contradictions…

La quatrième saison fait table rase et repart sur du connu, du sûr : des histoires d’espionnage. Sydney et toute la bande se retrouvent engagés par une agence secrète affiliée à la CIA, sous la direction d’Arvin Sloane (qui a dit déjà vu…). Loin d’être aussi complexe et passionnant que lors des deux premières saisons, le scénario de cette 4ème saison revient néanmoins sur de bonnes bases, même si la plus grande linéarité des histoires est décevante. Elle découle des plaintes de nombreux téléspectateurs qui se sont plaints que les histoires étaient tellement compliquées qu’il était presque impossible de prendre la série en cours de diffusion, sous peine d’être totalement paumé. On ne peut qu’être déçu de voir que la production a privilégié l’opinion ces râleurs (ou l’argent qu’ils représentent par la pub,  peut être) au détriment de celle des vrais fans, fidèles qui eux aimaient beaucoup cette complexité inédite dans le monde des séries…

Alias restera dans les mémoires pour de nombreuses raisons : tout d’abord elle a révélé au grand public l’actrice Jennifer Garner (DareDevil, Elektra…). Elle restera aussi comme une série ayant accueillie un très grand nombre de « guest stars », une série où même les seconds rôles étaient charismatiques et où le scénario a parfois atteint des sommets de complexité. La cinquième et dernière saison est en cours de doublage et sera bientôt diffusée sur nos écrans. Les scénaristes promettent un final inoubliable… à l’image de la série.

 

NB: M6 diffuse la saison 4 tous les jeudi à 20h45, en VF bien sûr.
ABC diffuse la saison 5 (la dernière) tous les jeudi à 20h, en V.O. Dernier épisode prévu pour mai 2006.

Stéphane D.

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mercredi, 02 novembre 2005

TV: New-York 911

1999. Urgences (ER) est alors la série phénomène aux USA avec une audience moyenne de 30 millions de téléspectateurs chaque jeudi soir. Désirant surfer sur la vague du succès, ses producteurs exécutifs, Edward Allen Bernero et John Wells, lancent une nouvelle série ayant pour objet le quotidien d'ambulanciers, de pompiers et de policiers. Où ça? A New-York. Pourquoi? Parce que New-York -cette chose qui jamais ne dort - est unique. Sombre. Passionnée. Entière. New-yorkaise.


 

New York 911 (Third Watch en V.O) est lancé le 23 septembre 1999. Sur NBC. Elle reflète à merveille une certaine violence urbaine. Une énergie, aussi. Les personnages donnent l'impression de se battre avec la même énergie que mettent les new-yorkais pour survivre, jour après jour, dans la ville la plus sauvage, la plus tribale et la plus inventive de la planète.


Le rythme est effréné. La 55ème brigade ne connaît pas beaucoup de répit. C'est que New York ne sait pas dormir. Et les raisons de ne jamais se poser sont nombreuses. Descendez vers Soho, vers Spring Street, vers the East Village; remontez vers Uptown, vers les sushis bar de Colombus Avenue... New York est vivante, pleine de surprises, de rencontres, de coups de cafard suivis d'instant d'euphorie."All about soul": la chanson de Billy Joël est souvent hurlée par la sono du  Madison Square Garden - ce stade mythique qui a abrité quelques uns des  plus grands spectacles sportifs et musicaux du 20ème siècle - dans les moments difficiles que peuvent traverser les équipes sportives de la ville. Et la série retranscrit cet esprit. A sa manière. Les acteurs principaux ont pour nom Michael Beach (un ancien d' Urgences), Skipp Sudduth, Molly Price, Jason Wiles, Coby Bell, Anthony Ruivivar, Eddy Cibrian, Kim Raver. Ils sont flics, pompiers ou ambulanciers. Ils sont plus que ça. Ils sont avant tout de bonnes personnes. Presque des consciences. Presque des obligations. Des gens qui ont conscience de leurs obligations.


New York 911, c'est normal, ressemble beaucoup à Urgences. Mêmes créateurs, mêmes producteurs, même musique triste au piano à la fin de l'épisode. En 2001, un "crossover" est même réalisé entre les deux séries. Susan Lewis (Sherry Stringfield), médecin aux urgences de Chicago, faisant le déplacement à New York pour retrouver sa fille. Les ressemblances avec sa grande soeur sont importantes, mais la série a son style. Marqué, une fois encore, par sa ville. Toujours.


 

La suite? La suite est imprévisible comme les humeurs new-yorkaises. La série s'achève en mai 2005. Après 6 ans. Et 132 épisodes de bons et loyaux services. Pas assez d'audience, ont-ils dit. Soit. 9, 4 millions de télespectateurs en moyenne pour la dernière saison, c'était quand même pas mal. Mais pas suffisant. La 55 ème brigade s'en est allée. Mais son coeur est toujours là. Sombre. Passionné. Entier. New-Yorkais. Ce coeur peut-il cesser de battre? Jamais! "All about soul"...

Anthony M.

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vendredi, 28 octobre 2005

TV: Buffy contre les vampires

Un soir qu’il regardait un film d’épouvante classique dans lequel une jeune et jolie blonde à forte poitrine se faisait poursuivre par un monstre assoiffé de sang, Joss Whedon se dit qu’il serait marrant de voir, pour une fois, la blonde se retourner et attaquer le monstre. De cette idée toute simple est née Buffy. Ce personnage fit une première apparition dans un film à peine regardable, au bide retentissent. Il ne connut réellement le succès qu’en 1997 quand la série TV du même nom fut créée.


Buffy contre les vampire en VF. Buffy, the Vampire Slayer en VO. Avec un nom pareil, on se doute d’emblée que ce n’est pas le genre de série que risquent d’apprécier les « Cartésiens jusqu’au-boutistes », ceux qui ne tolèrent pas le moindre brin d’extravagance ou de fantastique dans les programmes qu’ils regardent. On y suit bien entendu les aventures de Buffy, incarnée par la désormais célèbre Sarah Michelle Gellar (vous savez : cette fille qui s’est tellement fait blanchir les dents qu’elle provoque désormais des éblouissements chez tous ceux qu’elle croise... Une arme anti-vampire de plus probablement).


Dans toute série, il faut des personnages secondaires intéressants et complémentaires du héros (ici de l’héroïne). Whedon a donc créé Giles, le prof que tout le monde aurait rêvé d’avoir tant il est sympa et disponible (et un peu coincé aussi), Willow la copine timide qui contraste avec Buffy, Alex (Xander pour ceux qui préfèrent la VO) le copain amoureux de l’héroïne… Il a également eu l’idée de deux vampires très particuliers : le premier, Angel, est un vampire torturé par ce qu’il a fait dans le passé et qui cherche à se racheter en aidant les Gentils ; Spike, le second, est également un suceur de sang mais qui lui apprécie beaucoup de l’être. De plus, son côté très décalé, très délirant, autant physiquement (cheveux blonds platine et manteau long de cuir noir) que dans ses actes le rend très agréable à voir évoluer au long de la série. D’autres personnages, pourtant bien sympathiques au début, vont en revanche très mal vieillir : Giles glisse lentement de son rôle de conseiller protecteur sympa vers celui de patron d’une petite boutique de magie dont les conseils sectaires n’intéressent plus personne, Alex lui fini par devenir un boulet tellement il n’apporte rien. Buffy elle-même deviendra insupportable dans les dernières saisons tant elle sera devenue froide et sans humour.


Les premières saisons étaient très agréables à regarder, très divertissantes. Les intrigues, les ennemis étaient recherchés et intéressants. Comme souvent, le profit engendré par tout le marchandising et les ventes à l’étranger a poussé les producteurs vers les saisons de trop (et les évolutions de personnages ratées): si on ne peut qu’apprécier des adversaires charismatiques comme Angel ou Spike, il faut être assez honnête pour reconnaître que l’Homme-Puzzle (Adam) ou le trio des étudiants abrutis ayant décidés de devenir des Méchants, par exemple, font plus pitié qu’autre chose.


L’exploitation de cette licence juteuse passa par la production de plusieurs jeux vidéo. Les plus intéressants furent les deux sortis sur consoles 128 bits (le premier exclusif à la Xbox) d’un jeu mélangeant beat them all et aventure : les phases de baston étaient très réussies bien qu’assombries par une gestion assez problématique de la caméra. Les phases de recherche, d’aventure au sens large, en revanche, étaient très pénibles : on revenait sans cesse sur nos pas, pour rechercher LE détail que les développeurs jugeaient suffisamment important donc indispensable pour nous empêcher d’avancer tant que l’on ne l’avait pas trouvé, nous obligeant ainsi à ré affronter sans arrêt les mêmes adversaires qui ressuscitaient à tout bout de champ (le genre d’énigmes débiles qui laissent une fille à la force démesurée bloquée devant une simple porte en bois…)

Cette série a été jugée puérile et sans intérêt par certains esprits trop étroits et rabats joie, qui n’ont pas su percevoir le plaisir simple qu'elle véhicule. Joss Whedon n’a jamais eu la prétention de créer une série révolutionnaire d’un point de vue technique ou scénaristique, il a seulement développé, en 144 épisodes, 7 saisons, un univers extraordinaire (au sens propre) dans lequel beaucoup ont pu oublier temporairement leurs soucis quotidiens. C’est déjà pas mal non ?

Stéphane D.

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jeudi, 20 octobre 2005

TV: Newport beach (The Orange County)

Après avoir revu La fête à la maison et Le prince de Bel-Air, Arnaud M nous emmène, cette fois épaulé par Anthony M., à Newport Beach, série diffusée par France 2 depuis 2004. 

    L.A. est riche, très riche… Donc Newport l’est aussi. Des producteurs ont souhaité une série. Pour faire comme les autres. Soit. En 2003, Josh Schwartz tente le pari. Ce sera l’histoire, la vie et le parcours de riches fortunés siégeant à deux foulées de Los Angeles. A Newport donc. Là-bas, seuls les habitants de Newport ont élu domicile. La ville est trop petite pour être partagée. En apparence, elle n’est que la riche voisine de la très blasée "cité des anges". Newport sans ses billets, c’est John Wayne sans son cheval. Ca n’a ni queue ni tête, ni cheval. C’est également un coin qui permet de se réconcilier avec soi même. En apparence. La série est d’ailleurs là pour ça. Pour voir derrière et surtout plus loin. Faut pas croire. Là bas, un riche peut en cacher un autre. Surtout celui qui a des soucis…


   Le concept de la série se base sur ce principe très simple. L’herbe n’est pas plus verte qu’ailleurs. Entendez : les millionnaires ont aussi leur lot quotidien de problèmes... sur les greens de golf. En ce sens, Newport beach est un peu la petite sœur de Melrose Place. Le fils caché de Beverley Hills. Une manière de rétablir l’équilibre. De contenir cette jalousie devant le fait qu’Hollywood sera toujours Hollywood. Et nous toujours des petites gens.


   Les vedettes de la série se disputeront alors le bout de gras. Attention, l’intrigue se voudra plausible tout de même. Il ne sera pas question de s’interroger sur la cuisson du steak haché ou bien sur la couleur du coupé sport. Les enfants traverseront des moments difficiles. Pour la première saison, Marissa Cooper (Mischa Barton) va fuguer, tenter de se suicider (bien qu’elle le niera), épaulera un autre gosse de riche, maniaco dépressif, violent et riche. De son côté, Ryan Atwood (Benjamin McKenzie) pauvre au début de l’épisode 1 de la saison 1 et subitement riche aux bouts de quelques épisodes aura le rôle du jeune à la gueule d’ange qui vient de Chino. Un quartier à vous faire frissonner le bourgeois. Chino c’est pas rose. Mais peu importe. On pardonnera. La série sera aussi l’occasion de voir à l’écran un certain Seth Cohen (Adam Brody) dont les premiers fans auront pu apprécier la  bonne prestation aux côtés de Brad Pitt et d’Angelina jolie dans le film Mr and Mrs Smith. Le couple de l’été. Mr et Mrs Cohen, celui de la série. Sanford « Sandy » Cohen (Peter Gallagher) et Kirsten Cohen (Kelly Rowan). Jimmy Cooper (Tate Donovan) et Julie Cooper-Nichol (Melinda Clarke) participeront aussi à la surprise party.

    Même au soleil, l’humain peut souffrir. De tout et de rien à la fois. Du soleil. Peut-être… Des impôts. Pas sûr. De la hausse du prix de l’essence…C’est vrai qu’en ce moment c’est cher… Les uns et les autres souffriront surtout de l’esprit parfois tordu des autres. Pleins aux as, certains feront des coups bas aux voisins. Les femmes vont se tirer le chignon avec les deux mains et le pied gauche. Les hommes vont s’en mettre dans la tronche mais façon smart. Newport devient un champ de bataille pour fortunés. Une lutte des classes au sein d'une seule classe... avec 6 chiffres derrière la virgule. Rassurez-vous, tout le monde déguste le homard et le pommard 1959 à la même cantine.
           

    Quoi qu’il en soit, la série se distingue de sa grande sœur et de son père illégitime par de très bons dialogues, un bon timing à tous les niveaux et un générique très réussi. « Californiaaaaa…… ». Timing is everything. Outre-Atlantique et proche Pacifique, la troisième saison a entamé son travail de sape. L’audience moyenne pour les deux premières saisons est d’environ 8 millions de téléspectateurs. Dont très peu de riches. En France, un succès aussi. On attend la suite comme tout le monde. Et nous remercions Josh Schwartz. Comme tout le monde…

Arnaud et Anthony M.

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mercredi, 28 septembre 2005

TV: Le prince de Bel-Air

Après La fête à la maison, ce nouveau numéro de la rubrique TV est consacré au Prince de Bel-Air (The Fresh Prince of Bel-Air), une série américaine qui a servi de tremplin à une jeune star : Will Smith.

    Il était une fois Philadelphie. Une ville parmi tant d’autres avec des immeubles, des voitures, des bretelles d’autoroutes, des jeux pour enfants, des usines. Bref, une vraie ville de l’Est, où les hivers sont rudes et où les démocrates ont beaucoup de mal à joindre les deux bouts en début de mois. Il était une fois Los Angeles. Une ville parmi tant d’autres avec des buildings, des berlines, des freeways, des jeux pour enfants de riches, des sièges de banques. Bref, une vraie ville de l’Ouest, où les hivers sont doux et où les républicains n’ont aucun mal à joindre les deux bouts en fin de mois. A l’est, Philadelphie. A l’ouest, Los Angeles. Au milieu, 5000 km d’un désert cotonneux. William « Will » Smith, alias Will Smith, prendra le long courrier pour rallier les deux océans. La famille Banks est prête à l’accueillir. Sa mère le confie à son beau frère, Philip Banks (James Avery). Lequel est patriarche d’une riche et respectable famille habitant Bel-Air. L’idée étant de faire de Will, jeune ado qui n’a pas trop d’avenir au milieu des immeubles et des voitures, un homme respectable, responsable et mature. Au milieu des buildings et des berlines. L’histoire débute en 1990 sous la boulette des créateurs Andy Borowitz et Susan Borowitz. Va pour 148 épisodes…
    

    La machine est en route. D’un océan à l’autre, l’Amérique plurielle se passionne. Découvre ce jeune ado parachuté au milieu du luxe et de la volupté. Découvre des épisodes au poil, des gueules de série B et des physiques de films Y, X ou Z. Los Angeles, la flambeuse. Mais avec Will Smith. La série construira la base de son arbre généalogique sur une pseudo rivalité entre Carlton Banks (Alfonso Ribeiro) et Will. L’un veut montrer à son père qu’il sera le fils digne de son père. Premier de la classe pour avoir la bourse. Princeton comme papa. Un pantalon en tergal et un polo coupe cintrée. Ce sera Carlton. L’autre veut montrer à son oncle qu’il sera le neveu digne de son oncle. Qu’il peut avec le système D et un peu de chance s’en sortir dans la vie.

     Mais pour plein d’autres raisons, la série vaudra le coup. Chaque réplique faisait mouche. Chaque vanne balancée par Will à Philip sentait bon. Parce que voir Carlton danser Michael Jackson sur Billie Jean à la perfection, moi ça m’émeut. Parce que les débuts de Tatyana Ali à la télé ont été réussis. Elle incarnait Ashley Banks, petite sœur de Carlton et d’Hilary Banks (Karyn Parsons). Parce que l’atmosphère subtile de la propriété soufflait le chaud et le froid jusque dans les gradins du plateau. Parce que Geoffrey the Butler (Joseph Marcell) était un major d’hommes comme on en fait plus depuis belle lurette. Parce que Jazz (Jeffrey A. Townes et déjà ami de Will Smith dans la vraie vie) plongeait depuis le palier d’entrée comme personne. En fait, c’est Philip qui le jetait. Bah oui, trop de vannes tue la vanne. Parce que les guest-stars se sont succédés (Quincy Jones, Tom Jones…). Parce qu’on y voyait L.A et ses environs sous un autre regard. Cinémas, restos, sports, sorties, shoppings… Autant de lieux pratiqués par nos héros. Des épisodes très variés et où les histoires s’enchaînaient admirablement bien et les dialogues coulaient de source. Et parce que Will faisait déjà état de tout son talent d’acteur. La sitcom n’était pas une simple sitcom servant à meubler l’heure du goûter. Talent d’acteur donc. Will Smith qui chante, qui danse, qui pleure, qui joue la comédie sur un air dramatique et le dramatique sur un air de gaîté. Il jouait au basket, draguait les filles, faisait du mini-golf et du golf grandeur nature, portait la casquette. Faisait des bêtises. Des entourloupes à Philip et à Vivian Banks (Janet Hubert-Whitten jusqu’en 1993 et Daphne Reid de 1993 à 1996). Il grandissait au milieu de la famille Banks, comme le voulait le scénario de départ. Tous les sujets de société ont été abordés. Tout ce que les jeunes fortunés rencontrent sur leur passage étaient à l'écran. La série ne s’est jamais voulue sérieuse, à quelques dénouements près. Et c’était tant mieux. Tant mieux pour le spectacle, la bonne humeur, le beauté de la maison. Mais toujours avec douceur et professionnalisme. Le prince de Bel Air, c’était aussi ça. L’émotion. Grande, immense. Même pour une sitcom. De l’excellent divertissement. Une école de la télévision…

   En 1996, après 6 saisons, Will Smith et les Banks s’en sont allés. Sans rancune dirons nous. Lors du dernier épisode, Conrad Bain et Gary Coleman, autrement dit Philip Drummond et Arnold Jackson, de la série Arnold et Willy (Diff’rent Strokes) étaient de la partie. C’est ça aussi l’émotion et la magie de la série télé… 

Arnaud M. 

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