mardi, 01 mai 2007
"Spider-man 3" de Sam Raimi
Quiconque ose encore affirmer qu’un auteur ne peut s’affirmer au travers de la plus grosse machine hollywoodienne se doit de voir Spider-man 3. Jamais un même réalisateur n’avait signé consécutivement trois volets d’une même série de films issus d’un seul et unique comic-book. Richard Donner avait fait deux Superman (depuis le director’s cut du 2, on en a la confirmation), Tim Burton deux Batman et Bryan Singer deux X-men, avant d’aller se fourvoyer dans Superman returns.
L’entreprise de Singer est d’autant plus remarquable que contrairement, par exemple, aux deux Batman de Burton, ses trois films se fondent les uns dans les autres, que ce soit d’un point de vue esthétique ou scénaristique. Sur ce point, la trilogie Spider-man se rapproche beaucoup moins des films précédemment cités que de celles du Seigneur des anneaux et autres Star Wars. Rarement des nœuds dramatiques auront été à ce point tissés entre différents films d
’une même saga. Le splendide générique d’ouverture de ce troisième opus illustre à merveille comment Raimi a conçu cette série de trois films comme une immense toile d’araignée dont chaque fil est la devenir d’un personnage et chaque intersection un choix possible, une bifurcation qui en entraîne d’autres. D’où l’extrême densité narrative de ce troisième volet qui alterne sans relâche scènes d’action épiques, romance tourmentée et flashbacks tragiques sur le même mode que le second opus, mais d’une façon plus intensive encore. La mise en scène virevoltante de Sam Raimi brouille tout manichéisme primaire pour nous montrer un Peter Parker en perte progressive
de repères moraux et existentiels. Devenu le symbole d’une Amérique triomphant du mal, jusqu’où doit-il user de ses pouvoirs lorsque la situation tourne à son désavantage ? Film critique à l’égard de la guerre en Irak ? Sans doute, mais la dimension politique de ce troisième opus est secondaire. Comme dans les deux autres volets, c’est le passage à l’âge adulte du héros qui est mis en avant, cette fois doublé d’un rapport conflictuel à la célébrité. Les clins d’œil à l’histoire du cinéma sont nombreux et astucieusement amenés dans un film qui constitue l’un des divertissements les plus beaux et intelligents que nous ait offert Hollywood depuis longtemps.
Aurélien Dauge
15:40 Publié dans critiques ciné | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Spider-man 3, Spider-man, cinéma, critique, Sam Raimi, comic Book, comics
dimanche, 29 avril 2007
Versions longues en pagaille
Nous vous parlions récemment de Spider-man 2.1, version légèrement allongée du merveilleux film de Sam Raimi. A la fois argument de vente agaçant et source potentiel de bonheur pour les fans, la pratique du rab filmique (vous en reprendrez bien encore un peu...) se généralise. Preuve en est la sortie cette semaine de trois nouvelles éditions de productions Bruckheimer qui auront marqué la deuxième moitié des 90's: USS Alabama (95), Les ailes de l'enfer (97) et Ennemi d'Etat (99). Le premier est l'oeuvre de Tony Scott et mérite d'être (re)vu pour trois bonnes
raisons : le face-à-face Denzel Washington-Gene Hackman, la BO de Hans Zimmer et les dialogues réécrits par Tarantino himself au dernier moment. Les ailes de l'enfer, premier film du tâcheron Simon West, vaut le détour pour son titre original mythique (Con air), son casting décalé (Cage, Buscemi, Malkovitch et John Cusak dans un même film) et son jusqu'au-boutisme dans le mélange des genres (imaginez Le silence des agneaux croisé avec L'arme fatale). Quant à Ennemi d'Etat, également signé Tony Scott, il s'agit ni plus ni moins que du blockbuster matriciel des années 2000 et du dernier grand film d'action pré-11/9.
Que valent les version allongées ou "director's cut" de ces films ? Ne les ayant pas vues, je ne peux guère vous le dire, même si, a priori, et contrairement au récent director's cut de Miami Vice (dont je reparlerai), elles ne semblent pas apporter de changements fondamentaux. Une chose est sûre, depuis George Lucas et ses Star Wars sans cesse retouchés au fil des (re)sorties, "l'oeuvre ouverte" contamine le blockbuster, et pas forcément pour le meilleur.
Aurélien D.
11:15 Publié dans Actu Ciné | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Bruckheimer, Spider-man, Ennemi d'Etat, Cage, Washington, cinéma, Will Smith
mercredi, 18 avril 2007
Spider-man 2.1
Ni director's cut ni véritable version longue, Spider-man 2.1 (dispo depuis mardi pour 9 euros) est simplement une version légèrement allongée et peaufinée du chef d'oeuvre de Sam Raimi. A quelques jours de la sortie de Spider-man 3 (le 1er mai en France), il convient en effet de rappeler que le deuxième volet des aventures de l'homme araignée est sans doute l'un des plus grands blockbusters des années 2000, et la meilleure suite d'une adaptation de comics depuis Batman returns. Dans cette véritable tragédie grecque aux accents parfois comiques, Peter Parker doit choisir entre une vie d'éternel teenager "dawsonnien" (c'est-à-dire incapable de sortir avec celle qu'il aime) et une vie de super-héros à temps plein. Dilemme cornellien auquel le film r
épond de façon admirable et parfois délibérément absurde, en s'interrogeant sur la représentation qu'ont les citoyens du héros et donc sur son ancrage dans la société. Dans cette nouvelle version, l'inoubliable scène de l'ascenceur est rallongée, ainsi que plusieurs morceaux de bravoures, dont l'éblouissante séquence du tramway. L'occasion de vérifier que la mise en scène de Sam Raimi allie avec brio précision et efficacité. De quoi saliver avant de déguster Spider-man 3, extrêmement prometteur, ne serait-ce qu'en regard de son affiche.
Aurélien Dauge
11:24 Publié dans Flashback | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : film, ciné, cinéma, spider-man, Sam Raimi, Kirsten Dunst, Tobey Maguire


