mercredi, 18 avril 2007

Spider-man 2.1

medium_Spider-man_2.1.jpgNi director's cut ni véritable version longue, Spider-man 2.1 (dispo depuis mardi pour 9 euros) est simplement une version légèrement allongée et peaufinée du chef d'oeuvre de Sam Raimi. A quelques jours de la sortie de Spider-man 3 (le 1er mai en France), il convient en effet de rappeler que le deuxième volet des aventures de l'homme araignée est sans doute l'un des plus grands blockbusters des années 2000, et la meilleure suite d'une adaptation de comics depuis Batman returns. Dans cette véritable tragédie grecque aux accents parfois comiques, Peter Parker doit choisir entre une vie d'éternel teenager "dawsonnien" (c'est-à-dire incapable de sortir avec celle qu'il aime) et une vie de super-héros à temps plein. Dilemme cornellien auquel le film rmedium_spider-man_3.jpgépond de façon admirable et parfois délibérément absurde, en s'interrogeant sur la représentation qu'ont les citoyens du héros et donc sur son ancrage dans la société. Dans cette nouvelle version, l'inoubliable scène de l'ascenceur est rallongée, ainsi que plusieurs morceaux de bravoures, dont l'éblouissante séquence du tramway. L'occasion de vérifier que la mise en scène de Sam Raimi allie avec brio précision et efficacité. De quoi saliver avant de déguster Spider-man 3, extrêmement prometteur, ne serait-ce qu'en regard de son affiche.

Aurélien Dauge

lundi, 05 juin 2006

"Marie-Antoinette" au pays des merveilles

medium_Marie-Antoinette.jpgLe débat fait rage au sein de la rédaction d'Idea à propos du dernier film de Sofia Coppola. Tandis qu'Aurélien D. s'emballe (comme à son habitude...) et parle d'un film "hypnotisant de bout en bout", Rodolphe B. se montre plus réservé...

 

A l’école primaire, j’avais de Marie-Antoinette l’image d’une vieille dinde un peu froide ; grâce à Sofia Coppola, j’en aurai maintenant l’idée d’une jeune dinde un peu frustrée. La réalisatrice a-t-elle maîtrisé son sujet ? Force est de constater qu’au bout d’une heure, le film se perd dans les travers du film historique qu’il avait pourtant pris soin de distancier au moyen de procédés tape-à-l’œil, notamment une bande-son anachronique mais tout à fait empathique avec le ressenti du personnage de Kirsten Dunst.

 

Mademoiselle Coppola s’est ainsi évertuée à nous refaire son Virgin Suicides, en le transposant dans un sujet sérieux et historique, comme pour dire quelque chose d’universel sur la condition adolescente. En cela, la première partie du film est réussie : en « fondant » la cour royale de France dans un univers mental et sonore permettant au spectateur d’aujourd’hui de mieux en percevoir les contrastes, Sofia Coppola fait un travail intéressant, mais au fond pas plus novateur que celui de Roger Vadim dans les années 60. C’est d’ailleurs ce qui m’amène à craindre que, quoi que réussie soit cette première partie, elle sera d’ici deux ou trois dizaines d’années probablement kitsch et risible. Ainsi, les couloirs de Versailles sont ceux d’un collège ; Louis XV est une espèce de cow-boy porté sur la bonne chère (et la bonne chair) ; Marie-Antoinette possèdemedium_Marie-Antoinette.2.jpg un chien prénommé « Mops » ; les bals masqués sont des boîtes de nuit. Au-delà d’un travail un peu facile sur la bande-son, Coppola livre un regard original sur une adolescente jetée dans le monde des party versaillaises et des langues de vipères anoblies. Un regard original… que j’hésite à qualifier de prédéterminé, tant la cinéaste semble avoir plaqué son discours sur le sujet… Le Versailles de Coppola est le Versailles de Marie-Antoinette : un monde merveilleux dans lequel il ne pleut jamais – à croire que la France est un pays où il fait toujours beau – où l’on s’amuse à longueur de temps, où l’on tâte de sa popularité, où la superficialité est synonyme de luxe, mais un monde doré un peu oppressant, qui confine à la dépression.

 

C’est ensuite que ça se gâte. Quand elle maîtrise son sujet, Coppola fait un film intéressant et souvent drôle ; malheureusement la cinéaste tombe ensuite dans les pièges inhérents à la biopic historique. Le temps s’étire, et nous montre vingt années de la vie de Marie-Antoinette (de 1768, date de son arrivée à Versailles, à 1789, date que vous savez), une période beaucoup trop longue dont elle rend mal compte. Coppola prend très mal en charge cet étirement du temps, figuralement aussi bien que narrativement : la seconde partie du film est interminable, se pique d’un sérieux mal assumé, et s’achève maladroitement ; elle gâche tout ce que la première partie avait de pertinence, ou tout du moins d’originalité.

 

Rodolphe B.