mercredi, 02 mai 2007
"A scanner darkly" de Richard Linklater
Adapté du roman éponyme de Philip K. Dick, A scanner darkly fut mal distribué au moment de sa sortie en salle. Le DVD désormais dispo un peu partout permet de revoir ce qui demeure sans conteste l'une des entreprises cinématographiques les plus intrigantes de l'an passé. Produit par George Clooney et Soderbergh, réalisé par Richard Linklater et interprété notamment par Keanu Reeves, Winona Ryder, Woody Harrelson et Robert Downey Jr., A scanner darkly surprend par son esthétique à base de rotoscopie connue des gamers depuis un certain temps (depuis Jet set radio, je crois). A mi-chemin entre le film live et le délire animé, A scanner darkly se montre particulièrement intéressant dans les rares scènes de schyzophrénie profonde, lorsque le perso de Keanu Reeves, vêtu d'une combinaison qui lui permet de brouiller son apparence physique, se voit contraint de s'observer vivre dans une sorte de loft télévisuel passé sous acide. Cette piste est malheureusement peu exploitée dans la suite du film, dont la fin paraît un peu trop expéditive. En dépit de ses faiblesses, A scanner darkly, présenté à Cannes et à Deauville l'an passé, est un objet si intrigant qu'il mérite d'être (re)découvert.
NB: le film n'est visible, même sur le DVD, qu'en VO sous-titrée.
Aurélien D.
16:25 Publié dans Flashback | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : K. Dick, Keanu Reeves, oldies, adaptation, cinéma, 06
samedi, 28 avril 2007
"Next" de Lee Tamahori
Jusqu'à présent, l'écrivain Philip K. Dick avait plutôt réussi aux réalisateurs qui ont tenté de l'adapter sur grand écran: Ridley Scott (Blade Runner), Paul Verhoeven (Total Recall), Steven Spielberg (Minority Report), John Woo (Paycheck), Richard Linklater (A scanner darkly) et dans une moindre mesure Christian Duguay (Planète Hurlante) ont montré que chaque texte de K Dick, nouvelle ou roman, pouvait servir de moteur narratif et visuel à l'émergence d'un univers filmique extrêmement singulier. Peu de rapport esthétique, en effet entre le film de Scott et celui de Verhoeven ou de Spielberg. En revanche, Minority Report (2001), constitue aujourd'hui un référent esthétique majeur auquel certains aspects de Paycheck (les moins convaincants) devait déjà beaucoup. L'affiche française de Next, pâle copie de celle du film de Spielberg, annonce clairement la filiation "Par l'auteur de Minority Report". Lee Tamahori, déjà coupable de Meur un autre jour et réalisateur de ce film, est donc totalement éclipsé par un argument de vente plus proche de séries B vendues au rabais que de la grosse production que ce film prétend être. Difficile, en effet, de vendre Next autrement. Aucun suspense, aucune originalité, aucun sens de la mise en scène, des dialogues dignes de Plus belle la vie, un montage qui cultive les faux raccords et des effets spéciaux plus ratés les uns que les autres. Quant au scénario, il lorgne par moment du côté de Déjà vu sans jamais en atteindre l'efficacité. Depuis Congo de Frank Marshall (1995), rarement production américaine tirée d'un livre aura fait tant de peine à voir. Qu'est allé faire Nicolas Cage dans cette aventure où il arbore une coiffure ridicule qui n'est pas sans rappeler celle de Tom Hanks dans le Da vinci Code ? A découvrir d'urgence si vous souhaitez rigoler. A éviter si vous aimez le cinéma et/ou Philip K. Dick.
Aurélien D.
14:40 Publié dans critiques ciné | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : K. Dick, adaptation, cinéma, 07, Cage, Lee Tamahori


