samedi, 28 avril 2007

"Next" de Lee Tamahori

medium_Next.jpgJusqu'à présent, l'écrivain Philip K. Dick avait plutôt réussi aux réalisateurs qui ont tenté de l'adapter sur grand écran: Ridley Scott (Blade Runner), Paul Verhoeven (Total Recall), Steven Spielberg (Minority Report), John Woo (Paycheck), Richard Linklater (A scanner darkly) et dans une moindre mesure Christian Duguay (Planète Hurlante) ont montré que chaque texte de K Dick, nouvelle ou roman, pouvait servir de moteur narratif et visuel à l'émergence d'un univers filmique extrêmement singulier. Peu de rapport esthétique, en effet entre le film de Scott et celui de Verhoeven ou de Spielberg. En revanche, Minority Report (2001), constitue aujourd'hui un référent esthétique majeur auquel certains aspects de Paycheck (les moins convaincants) devait déjà beaucoup. L'affiche française de Next, pâle copie de celle du film de Spielberg, annonce clairement la filiation "Par l'auteur de Minority Report". Lee Tamahori, déjà coupable de Meur un autre jour et réalisateur de ce film, est donc totalement éclipsé par un argument de vente plus proche de séries B vendues au rabais que de la grosse production que ce film prétend être. Difficile, en effet, de vendre Next autrement. Aucun suspense, aucune originalité, aucun sens de la mise en scène, des dialogues dignes de Plus belle la vie, un montage qui cultive les faux raccords et des effets spéciaux plus ratés les uns que les autres. Quant au scénario, il lorgne par moment du côté de Déjà vu sans jamais en atteindre l'efficacité. Depuis Congo de Frank Marshall (1995), rarement production américaine tirée d'un livre aura fait tant de peine à voir. Qu'est allé faire Nicolas Cage dans cette aventure où il arbore une coiffure ridicule qui n'est pas sans rappeler celle de Tom Hanks dans le Da vinci Code ? A découvrir d'urgence si vous souhaitez rigoler. A éviter si vous aimez le cinéma et/ou Philip K. Dick.

Aurélien D.

dimanche, 22 avril 2007

"Sunshine" de Danny Boyle

medium_Sunshine.2.jpgDanny Boyle est depuis Petits meurtres entres amis l'un des rares auteurs contemporains de films générationnels (Klapisch pourrait être son pendant français). Trainspotting, La plage, 28 jours plus tard et dans une moindre mesure Une vie moins ordinaire, sont autant de long-métrages devenus "cultes" pour beaucoup de jeunes qui étaient ado lors de leurs sorties en salle. Le revers de la médaille est qu'il s'agit davantage de films conçus pour plaire beaucoup sur le moment que d'oeuvres qui gagnent à être revues des années plus tard. De toute évidence Sunshine échappe difficilement à la règle. Esthétiquement séduisant par sa palette chromatique alternant chaud-froid avec virtuosité et ses images subliminales glissées dans le récit, Sunshine capte sans mal les rétines en quête d'émerveillement solaire. Peu importe que cette mission de sauvetage du soleil qui vire au slasher à tendance métaphysique ait souvent des airs de déjà vu. On se laisse emporter par l'aventure, même si l'ensemble souffre de la comparaison avec 2001, les deux versions de Solaris ou Mission to mars, et n'apporte en fin de compte pas grand chose au genre. Sunshine est donc l'un de ces films qui impressionnera surtout ceux qui n'ont pas encore vu tout les classiques du genre et divertira assez intelligemment les autres. Notez que contrairement à ce que peut laisser croire l'hideuse affiche française, il ne s'agit pas d'une suite d'Armageddon ou du cultissime navet que demeurera Fusion.

Aurélien Dauge