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jeudi, 10 août 2006

série TV: Smallville

medium_affiche.6.jpgLe personnage de Superman a connu de nombreuses déclinaisons, exploitations, depuis sa création en 1933 par Jerry Siegel sur son support original, à savoir la bande dessinée : en contrepoids du film Superman returns, pour le moins décevant, il convenait de revenir sur la série TV Smallville qui du haut de ses 111 épisodes au compteur (en comptant la saison 6, encore inédite), ne cesse de surprendre par les libertés qu'elle prend avec le mythe...


medium_9.4.jpgCréée en 2001 par Alfred Cough et Miles Millar (scénaristes par le passé de L'arme fatale 4 ou Shangaï kid), Smallville raconte les aventures de Clark Kent, futur Superman, pendant ses années d’adolescence dans une petite bourgade du Kansas.

Alors qu’ils rentraient chez eux en pick up en se languissant d’un enfant à élever, Jonathan et Martha Kent, un couple de fermier d’une honnêteté, d’une intégrité au moins aussi extraordinaire que l’origine de Superman, sont heurtés par l’onde de choc consécutive de l’atterrissage brutal d’un vaisseau spatial dans un champ de maïs tout proche. Dans ce vaisseau, vous l’aurez deviné, se trouve notre jeune futur héros, Kryptonien d’origine, encore enfant mais déjà doué de capacités surhumaines. Notre couple assez chanceux au final l’adopte et le prénomme Clark. La série raconte ses années de lycée, l’apprentissage progressif de ses pouvoirs, l’acceptation de sa différence, de son unicité, et de la solitude qui en découle, au travers d’épisodes presque tous construits autour d’une enquête sur un phénomène paranormal (à la X-Files) provoqué par les radiations des météorites arrivées en même temps que le vaisseau spatial. Une pointe de Dawson se décèle également dans les petites histoires de cœur qui servent d’arrière plan aux enquêtes et de passerelles entre les épisodes.

Contrairement à Lois et Clark, autre série dérivé du mythe et qui fit le bonheur de M6 au début des 90’s, les nombreux personnages secondaires sont réellement travaillés en profondeur par les scénaristes afin de leur donner suffisamment de relief dans le but d’obtenir un maximum de situations problématiques entre eux et les personnages principaux. Tous autant qu’ils sont, ils apportent une plus ou moins grosse pierre à l’édifice, rendant la série pour le coup très intéressante à suivre, toujours en renouvellement.

medium_3.5.jpgTout d’abord, parlons un peu de notre héros : plus héritier de Dean Cain (le Superman de Loïs et Clark) que de Christopher Reeves (celui des films des années 80), Tom Welling, l’acteur incarnant Clark, ancien mannequin (ce qui se ressent par sa difficulté à exprimer physiquement des émotions) est le prototype même du beau gosse : belle gueule, grand et musclé. Il est issu de l’éducation des Kent dont j’ai déjà décrit la grande intégrité, ce qui en a fait un parfait bon citoyen, toujours prêt à aider n’importe qui, sans jamais bien entendu accepter aucune récompense en retour. Il n’apprend son origine que lors du premier épisode (on peut se demander comment auparavant il s’expliquait ses capacités extraordinaires... mais bon, c’est comme ça). Il découvrira au fur et à mesure des épisodes et des saisons ses différents pouvoirs et ses quelques faiblesses (principalement son allergie à toute forme de kryptonites, les météorites arrivées en même temps que lui et ayant provoquées toutes les mutations).

Il est ami depuis l’enfance avec un jeune du coin, Pete Ross. Ce personnage est sans doute le moins intéremedium_2.9.jpgssant de tous ceux qui entourent Clark, et il finira par disparaître de la série sans manquer à grand monde. Pour la petite histoire, ce personnage existait déjà dans les bandes dessinées de Superman : il était à l’époque un gentil fermier Blanc. Or, toute série américaine se doit de compter au moins un Noi... pardon, un afro-américain, dans son casting (les vertus du communautarisme...) : le personnage initialement prévu pour jouer ce rôle de « caution de diversité pigmentaire»  était Chloé Sullivan, mais en raison d’un coup de cœur de l’équipe s’occupant du casting, pour Allison Mack, une jolie blonde blanche de peau, ce personnage ne se vit pas incarner par une afro-américaine. Qu’à cela ne tienne, puisqu’il fallait absolument en caser un, les scénaristes transformèrent alors le Pete Ross initialement Blanc en un Noir... Cela n’a bien sûr aucune influence sur l’histoire, mais c’est quand même un magnifique exemple des conséquences du communautarisme ainsi que de sa profonde utilité...

medium_5.6.jpgRevenons à nos moutons : cette Chloé Sullivan est une jeune lycéenne ultra-dynamique, responsable de la feuille de chou du lycée de Smallville. Dotée d’une curiosité naturellement insatiable, elle entraînera Clark, également membre de ce journal, dans toutes ses enquêtes sur les évènements étranges qui ne manquent pas de se produire à chaque début d’épisode (le monde est bien fait non ?). Elle est amoureuse de Clark mais celui-ci n’étant pas intéressé, ils finiront bons amis, elle, jouant le rôle de confidente pour un Clark souvent en plein blues.

Si notre héros est souvent en plein questionnement, c’est presque toujours lié à Lmedium_10.jpgana Lang (interprétée par Kristin Kreuk), la jeune femme qu’il aime depuis qu’il a posé les yeux sur elle à l’école maternelle. Au début de la série, elle est capitaine des pom pom girls et sort avec le capitaine de l’équipe de football (américain) du lycée, une vraie caricature en somme. Elle tombe vite sous le charme de Clark, mais celui-ci étant toujours distant à cause de ses pouvoirs et du secret qui les entoure, leur relation est loin d’être simple, très « Dawsonnienne ». En gros, dès qu’ils se rapprochent l’un de l’autre, il se passe tout de suite un truc insignifiant qui va réussir à les séparer pour quelques temps avant qu’ils ne se rapprochent de nouveau plus tard, d’une manière ou d’une autre. Ce personnage évolue beaucoup au cours des saisons, gagnant de la profondeur ; il faut dire qu’elle partait de bas en tant que chef des pom pom girls...

Entre Clark, Lana et Chloé se déroulèrent, au fur et à mesure des épisodes et des saisons, à medium_8.4.jpgpeu près toutes les situations à problèmes sentimentaux possibles. Afin de continuer à enrichir les enquêtes sur les phénomènes surnaturels issus des météorites par des histoires secondaires sentimentales, les scénaristes ont du introduire (si je puis m’exprimer ainsi) un nouveau personnage féminin : Lois Lane. Les relations qu’elle entretiendra avec notre Clarkounet resteront plus de l’ordre du « chien et chat » que de la parfaite osmose mais parviendront néanmoins à enrichir les scénarios.

Le personnage secondaire le plus important, apportant le plus à la série est Lex Luthor. Contrairement à la mythologie Superman, Lex n’est pas, dans Smallville, le principal ennemi de Clark, au contraire. Leur relation commence par un accident de la route : le jeune Luthor, riche héritier, renverse involontairement Clark en voiture avant de plonger avec celle-ci dans la rivière. Le jeune Kent, bien évidemment indemne, plonge à son secours et le sauve. Naît ainsi une relation complexe entre ces deux personnages que tout oppose, d’une quasi-fraternité parfois à un réel antagonisme à d’autres moments. Lex est le fils unique de Lionel Luthor, l’archétype même du patron voyou, un « JR Ewing-like » pour ceux qui connaissent la série Dallas, sans aucune forme de moralité, près à toutes les bassesses pour continuer à faire des affaires et à s’enrichir. Si Lex est l’antithèse de Clark, Lionel est celle de Jonathan Kent, medium_11.4.jpgmême si au final ces deux figures paternelles opposées auront une influence sur Clark. Pour en revenir à Lex, sa situation familiale, c’est-à-dire le fait qu’il ait été élevé par ce monstre inhumain qu’est Lionel le pousse naturellement à suivre la « voie du mal », itinéraire familial semble-t-il. Sa rencontre avec une famille aussi honnête, intègre que les Kent, et avec Clark en particulier, change sa destinée en le poussant plus dans la « bonne voie ». Tout au long de la série, ce personnage évolue ainsi sur le fil du rasoir, entre ses instincts familiaux et l’influence positive de ses amis. L’on en vient à plus s’inquiéter de son sort que de celui de Clark, ce dernier étant par définition quasiment invulnérable et l’on en vient même à d’autres moments à détester ce dernier et son goût du secret tant tous ces mystères distendent, au risque de le rompre, le lien qui l’unit à Lex. La grande liberté prise par les scénaristes de Smallville avec la mythologie Superman laisse même longtemps espérer qu’au final, coup d’éclat, Lex choisira le camp du bien.

Une telle série, par essence, n’échappe pas aux incohérences. Sachant cela, certains détails non expliqués sont peut être un peu trop gros : le nombre de mutations liées aux météorites est affolant et personne, à part quelques lycéens medium_1.10.jpgne semblent s’en inquiéter ; Chloé Sullivan se révèle une véritable hackeuse, du niveau de Neo, tant elle peut ouvrir n’importe quelle porte ou pirater n’importe quel programme informatique...

Johnathan Kent est interprété par John Schneider, acteur ayant autrefois incarné Bo Duke dans The Duke of Hazzard (Shérif, Fais-moi peur en VF). A plusieurs reprises dans Smallville, des clins d'oeil à cet ancien rôle seront glissés, sous forme de musiques passant à la radio par exemple.

Smallville est donc une série mixte, intégrant des conflits sentimentaux très « Dawsonnien » en second plan dans des enquêtes paranormales à la X-Files, dont les personnages principaux comme secondaires sont développés et évoluent notablement avec le temps. A toutes ces bonnes choses s’ajoute le personnage de Lex Luthor, sorte de « futur-méchant malgré lui » luttant pour ne pas succomber à l’appel du mal. Tous ces détails font de Smallville une très bonne série à laquelle vient s’ajouter, en cerise sur le gâteau, l’utilisation de la licence Superman. A ne pas rater pour tous ceux ayant aimé Dawson, Roswell et X-Files.

Stéphane D.

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