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mardi, 25 juillet 2006

Consoles "next-gen"

          Comme dans tous les autres domaines, les supports vidéoludiques progressent régulièrement avec le temps. Selon ces supports, ces progressions suivent des rythmes différents : les PC, de par leurs configurations technologiques différentes d’une machine à l’autre (comprenez, différentes cartes graphiques, mères, sons, de puissance et de coûts différents),  évoluent très progressivement et assez rapidement, induisant en retour une inégalité de tous devant les rendus, graphique et sonore, des jeux tournant sur leurs bécanes. Ainsi, un même jeu, acheté au même prix, sera sublime sur un PC dernier cri et ramera comme un Néoconservateur devant la rédaction d’un traité de paix sur une plus ancienne configuration.

          Les consoles fonctionnent selon un schéma différent, le support restant identique pendant plusieurs années, pendant toute la durée de vie commerciale de la console jusqu ‘à la sortie d’une nouvelle console next-gen. Dans un tel contexte, sur une telle durée (la PS2 par exemple est sortie depuis 6 ans), les développeurs ont tout le temps d’apprendre à tirer le maximum de la configuration des machines, contrairement au monde des PC où les cartes et composants se succèdent trop vite pour pouvoir permettre cet approfondissement. Cette manière d’avancer se traduit par des rendus graphiques, sonores... identiques sur toutes les consoles d’un même type.

 

          La sortie d’une console next-gen est toujours un évènement dans le monde vidéoludique, car elle est toujours synonyme d’avancées spectaculaires. Toujours ? Pas si sûr...

 

medium_nes.gifDepuis le début de mon incursion dans l’univers vidéoludique, par l’achat une NES, console 8 bits de Nintendo, je n’avais jamais été déçu par un « saut générationnel » de machines. A chaque fois, j’y avais retrouvé mon compte.

 

 

 

 

 

medium_megadrive.jpegLe passage aux consoles 16 bits (SNES, Megadrive/Genesis) a permis l’apparition d’une profondeur de champ ayant développée les sensations de jeu, ainsi bien sûr qu’un agrandissement considérable des niveaux et une amélioration graphique nette. Pour exemple, comparez si vous en avez l’occasion Super Mario Bros 3 sur NES et sa version évoluée sur SNES dans Super Mario All Star. Non seulement cette dernière cartouche contenait tous les Mario Bros étant sortis sur NES, mais les progressions graphiques et sonores impressionnantes (à l’époque) restent dans les mémoires (dans la mienne au moins).

 

Les consoles next-gen suivantes (Jaguar, Saturn, PS1, N64) virent l’apparition de jeux 3D. Je ne tiens pas compte des rares jeux 3D étant sortis sur SNES et Megadrive (Star Fox, Virtua Racing), car l’apport de cette nouvelle dimension restait alors anecdotique dans le gameplay, et se traduisait par des régressions graphiques impressionnantes. Les « vrais » jeux 3D sont sortis sur cette génération de consoles (32 et 64 bits). Là encore, lesmedium_psx.jpeg conséquences de l’apparition de cette nouvelle génération de machine furent immenses : d’un écran 2D, les plateaux de jeu évoluèrent massivement vers des niveaux 3D. C’est notamment dans le domaine des jeux de voitures que les résultats furent les plus impressionnants (entre un Gran Turismo sur PS1 et un F1 Worl Championship edition sur SNES, il n’y a pas photo...). Malgré tout, les graphismes restaient assez laids et polygonaux, les jeux toujours en 2D étaient à l’époque plus beaux que leurs équivalents 3D.

 

                                                                                                                                                                                                                                          medium_psx2.2.jpeg

          Les consoles actuelles, 128 bits, (Dreamcast, PS2, Xbox, NGC) permirent principalement à mes yeux une amélioration graphique énorme, en plus de l’habituelle augmentation des aires de jeu. Désormais, les jeux 3D sont non seulement plus vastes, mais également potentiellement plus beaux graphiquement parlant que leurs homologues 2D.

         

 

          Jusqu’ici, tous ces « sauts générationnels » ont été satisfaisants, se traduisant toujours par une évolution importante. La dernière génération (256 bits), celle de la Xbox 360 et de la PS3, n’apporte pas, à mes yeux, cette medium_consoles_256_bits.3.jpegamélioration impressionnante qui avait auparavant toujours accompagnée une sortie de console next-gen, symbolisée le passage générationnel : les jeux étaient déjà beaux et en 3D sur consoles 128 bits, alors quoi ? Les jeux seront encore un peu plus beaux et encore plus vastes sur ces nouvelles machines ? Très probablement, mais ces évolutions graphiques sont loin d’être impressionnantes, surtout lorsque l’on se rappelle des améliorations passées, particulièrement du saut graphique consécutif du passage PS1/PS2. Les premiers jeux sortis sur Xbox 360 sont certes jolis à voir, les premières vidéos PS3 également, mais on reste loin d’un pas énorme pouvant motiver l’achat d’une nouvelle console, surtout lorsque  l’on voit leurs prix de vente, qui sont, et c’est un euphémisme, assez élevés. Rappelons pour mémoire le prix de vente annoncé de la PS3 : 499 euros pour sa version light et 599 pour sa version complète, supérieur à la Xbox 360 déjà loin d’être donnée, avec au choix une version light à 299 euros, ou une complète à 399 euros. De plus, l’argument « achetez ma console, vous aurez en même temps un lecteur DVD » ne peut plus être utilisé, au moins en ce qui concerne les possesseurs de PS2 et Xbox qui peuvent déjà servir de lecteur DVD. Si je dois investir une telle somme dans un nouveau support vidéoludique,  j’attends de ce dernier des performances remarquables, nettement notables, et pour l’instant, du moins en ce qui me concerne, ce compte n’y est pas.

 

          A leurs lancements, rares sont les consoles à présenter un catalogue de jeu vraiment intéressant et développé. De plus, les premières versions de la plupart des machines présentent des défauts techniques, des fragilités, qui sont corrigés au fil du temps. Tous ces arguments contre l’achat d’une console next-gen à sa sortie, en plus des prix prohibitifs, ont dans le passé été contrebalancés par des attentes fortes issus d’évolutions technologiques, graphiques ou de gameplay impressionnantes qui étaient intrinsèquement liées à la machine en elle-même et donc à son achat. Aucune de ces avancées impressionnantes n’étant présentent, pour l’instant, en ce qui concerne les consoles 256 bits, je ne vois pas pour quelle raison je devrais claquer autant d’argent pour au final si peu.

                                                                                                                                                                   medium_wii.2.jpg

          Je n’ai pas parlé de la nouvelle console Nintendo, la Wii, car elle ne se range pas dans la même catégorie que la PS3 ou la Xbox 360 : par son gameplay totalement inédit, par l’absence de saut de puissance depuis la NintendoGameCube, elle est, de par sa conception même, marginale par rapport aux autres et donc très difficilement comparable avec les autres consoles next-gen.

 

                                                                                       Stéphane D.

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