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mardi, 11 juillet 2006
GTA en marche arrière
A l'occasion de la sortie sur PS2 du portage de GTA Liberty City Stories (initialement sorti sur PS2), il paraissait important de revenir sur les différentes évolutions de la saga pour mieux s'interroger sur l'intérêt de ce nouvel "épisode".
Dans les années 90, au temps révolu de la 2D, GTA (pour Grand Theft Auto) se distinga en suscitant une vague de réactions outrées de la part d’associations parentales du genre « Familles de France ». En effet, incarner un mafieux exerçant son activité sans le moindre scrupule, activité comprenant bien entendu des meurtres, de forces de police entre autres, comptait au nombre des activités qui semblaient (et semblent toujours) déplacée
s pour des jeunes enfants, or, jeux vidéos restent synonyme de gamineries pour beaucoup d’adultes n’y connaissant rien. Ce genre de mauvaises publicités revenait néanmoins au final à faire à ces GTA au demeurant moyens de la publicité positive, une forme marketing très efficace vis-à-vis d’une certaine population de joueurs, avides de sensations « limites » et opposés, presque par principe, à toute forme de limitation.
A partir de GTA 3 (2002, PS2), cette série vidéoludique se métamorphosa. Les bouillies pixellisées des premiers opus laissèrent place à de vrais et bons jeux. GTA 3 était loin d’être parfait, autant techniquement qu’au niveau jouabilité,
mais il a marqué les esprits par la grande liberté d’action qu’il offrait dans un New York reconstitué pour l’occasion en 3 îles et renommé Liberty City, dans lequel le personnage était libre de se déplacer à pied ou en véhicules motorisés à 4 roues. Il était en fait préférable, si l’on tenait à sa vie, de privilégier les déplacements en véhicules à ceux à pied, car dans ces derniers cas, la maniabilité... « perfectible » pourrait-on dire, pour rester poli, risquait énormément de nous compliquer la tâche tant elle était mauvaise, surtout au niveau du système de ciblage automatique.
En plus des missions classiques faisant avancer l’histoire principale, représentant déjà de nombreuses heures de jeu, le joueur avait la possibilité de conduitre taxis, ambulances et d’incarner des redresseurs de tort à travers un mode police... La variété de jeu et la sensation de liberté, alliés à une ambiance sonore exceptionnelle tant par les doublages que par les musiques (écoutables dans les véhicules sous forme de stations radio très stylées et riches en morceaux connus), en ont fait, malgré de nombreux défauts techniques, une référence.
Un an plus tard, forts du succès rencontré, les développeurs de chez Rockstar créèrent, avec le même moteur 3D et donc des graphismes
assez similaires, GTA Vice City sur PS2. Se déroulant cette fois dans un Miami très 80’s, ce jeu se distingait de son prédécesseur par une série d’amélioration/innovations : en plus d’une ambiance extraordinaire enrichie par de nombreuses références cinématographiques (principalement Scarface), d’un personnage principal ultra-charismatique (Tommy Vercetti) contrastant avec le héros muet de l’épisode précédent, par des clins d’œil sous forme de présence de personnages issus de GTA 3, le gameplay se retrouvait enrichit par de nombreux véhicules supplémentaires, comme des motos très agréables à conduire et surtout des avions et hélicoptères donnant une autre dimension au jeu. Cet épisode restait néanmoins pollué par de nombreux défauts techniques et par une maniabilité à pied toujours aussi imprécise (utilisation du même moteur de jeu oblige). Parfois, à cause de ce
tte dernière, un sentiment de paranoïa et de persécution pouvait même voir le jour quand, entouré de nombreux adversaires armés jusqu’aux dents, le ciblage automatique persistait à ne viser que des civils désarmés, nous laissant à la merci de nos ennemis. De même, l’impossiblité de nager reste franchement énigmatique étant donné qu'au nombre des véhicules disponibles et « empruntables », on compte des bateaux... Cela n’empêcha pas GTA Vice City de combler les atten
tes des fans, et d’en convaincre de nouveaux. De plus, ce jeu confirma la tendance initiée par la sortie de GTA 3, tendance des développeurs de chez Rockstar à enfin faire de bons jeux.
La deuxième (espérons qu’elle ne se révèle pas à l’avenir avoir été la seconde) révolution de la série arriva avec GTA San Andreas : non seulement la carte se voyait ici multipliée par 7 ou 8 (un état entier modélisé, comprenant 3 villes et toute la campagne les séparant), non seulement le nombre de véhicules augmentait (allant même jusqu’à des vélos), non seulement notre personnage devenait customisable aux niveaux vestimentaire, pileux et musculaire, mais en plus, il devenait enfin capable de nager, et même de plonger sous l’eau !! Il va sans dire que
la variété des actions, des missions n’en fut que renforcées, démultipliée. Le seul défaut de ce jeu, car aucun n’est parfait, restant surtout son héros, personnage d’une fadeur affligeante, tant dans ses actions que dans son caractère et ses attitudes. Il en ressort un sentiment d’impuissance à voir son héros s’aplatir devant tel ou tel personnage au lieu de se rebeller, de lui rentrer dans le lard comme l’aurait fait un Tommy Vercetti.
Si l’immensité de la carte a multiplié les possibilités d’actions, les coins à visiter, elle a également provoqué, alliée à la faible personnalité de notre héros, une dilution de l’intensité des évènements : on a parfois l’impression que les développeurs ont passé leur temps à créer une gigantesque aire de jeu, sans, dans le même temps, la développer autant qu’ils ont pu le faire dans les deux épisodes précédents, sans prêter autant d’attention à chaque détail et à l’ambiance qui imprègne la carte. Je chipote beaucoup sur l’ambiance, sur le héros, mais au final, il ne faut surtout pas perdre de vue le fait que ce GTA San Andreas était et reste un petit bijou progressant beaucoup techniquement par rapport aux épisodes précédents.
C’est dans ce conte
xte, après un innoubliable GTA San Andreas, que sortit GTA Liberty City Stories sur PSP tout d’abord, puis en un portage baclé, sur PS2.
Convenons-en, si ce jeu était sorti sur PS2 avant San Andreas, avant Vice City, en une sorte d’add-on de GTA 3, il aurait comblé tous les fans, qui ne demandaient à l’époque que la possibilité de jouer quelques missions de plus dans cette ville très prenante qu’est Liberty City. Seulement voilà, entre temps, les deux autres épisodes sont sortis, ayant apporté leurs lots de nouveautés. Se retrouver dans une Liberty City seulement enrichie de la présence de motos, sans hélicoptères ni avions, sans vélos, sans possibilités de customiser son personnage, avec le système de visée défaillant des deux premiers GTA en 3D, sans la capacité de nager, sans une bonne partie des missions a
nnexes... Tout cela donne aujourd’hui l’impression de faire un bond en arrière. Il est beaucoup plus facile de s’adapter à des nouveautés, à de la profondeur de jeu, qu’à en être privé. La version PSP ne souffre pas de la comparaison avec d’autres GTA, mais ce n’est pas le cas de la version PS2, qui dans ce cas précis, en souffre énormément. Au niveau diversité, taille de la carte, jouabilité, ce GTA Liberty City Stories se place, sur PS2, entre GTA 3 et GTA Vice City, et il est écrabouillé par San Andreas. Même par rapport à GTA 3, dans lequel notre héros était confronté à de très nombreux gangs, ce portage de jeu PSP fait pâle figure : en incarnant un homme de main, un gros dur pas très dégourdi ni charismatique, mais très fidèle à son chef, on ne risque pas de changer de camps et on est ainsi limité dans l’éventail de situations auxquelles on est
susceptible d’être confronté. La version PS2 souffre également de deux autres maux, issus de son origine PSP, à savoir des graphismes très pauvres, encore plus que GTA 3, et surtout des missions très courtes, assez simples, très adaptées à une console portable, mais beaucoup moins à un « GTA de salon », surtout sur PS2 contenant déjà d’autres « GTA de salon » dans sa ludothèque. Un mode multijoueur a même disparu lors de ce portage.
Toute cette accumulation de détails donne l’impression de jouer à un « GTA light », à un sous add-on. Certes, Rockstar n’a pas tenté d’arnaquer les joueurs en vendant le jeu à plein tarif : il est disponible en neuf à 30 euros (contre 20 dollars aux USA, cherchez l’erreur !). Néanmoins, sachant qu’en occasion dans les magasins spécialisés, on peut trouver tous les autres GTA pour un prix inférieur, je ne conseille pas l’achat de ce jeu à son prix fort.
Graphismes : B J’ai hésité à mettre C tant les graphismes sont pauvres, portage de PSP et surtout jeu de la série des GTA, obligent. J’ai finalement opté pour un B en raison de l’ambiance graphique, de la très agréable impression de se déplacer dans un pseudo-New York.
Ambiance sonore : A Comme toujours depuis GTA 3, l’ambiance sonore est presque parfaite, tant au niveaux des doublages en anglais (toujours aussi bons) qu’au niveau des musiques disponibles via les radios des véhicules : une fois de plus pour un GTA, le jeu est riche de nombreuses radios à thèmes, très variées et très agréables à écouter. quoiqu’un peu inférieures en qualité à celles des précédents épisodes.
Gameplay : B La conduite des différents véhicules mérite un A, la jouabilité à pied un C moins, j’ai donc opté pour un B. On ne peut, une nouvelle fois, que regretter les retours en arrière (natation, véhicules et système de visée) depuis GTA San Andreas.
Innovation : C Le point faible de ce titre. Aucune innovation et même des retours en arrière. De nouvelles missions et un nouveau héros, certes, mais dans une ville identique à celle de GTA 3, ça ne mérite pas plus qu’un C et ça mériterait même moins.
Idea feeling : B Le jeu est agréable à jouer, tout comme l’étaient les autres GTA sur PS2, mais l’absence de nouveautés, les retours en arrière parfois, la ville sympa mais déjà connue et 10 fois moins étendue que l’espace de jeu de San Andreas, les missions écourtées, la disparition du mode multijoueur… limitent le feeling ressenti sur ce néanmoins bon jeu, quoiqu’un peu vieillot. A recommander à ceux aimant cette série vidéoludique et ne s’étant pas essayés à GTA Vice City ni à San Andreas. Pour les autres, les irréductibles de ce genre de jeu, en manque faute d’une vraie concurrence sur PS2 même face à ce GTA light, y trouveront leur compte (pour 30 euros), et les anti-GTA le seront toujours autant après avoir joué à ce jeu qu’avant.
Stéphane D.
10:45 Publié dans jeux vidéo | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : GTA, jeux vidéo, PS2



Commentaires
salut, j ai lu tout ton artilce et je suis reelement decue car je viens d acheter ce jeu en angleterre pour 10£, ce qui n est pas cher, mais maintenant je comprends pourquoi son prix baisse si vite. je me croyais chanceuse de l avoir trouve a ce prix... :'(
En tout cas, tres bon article bizz
Ecrit par : alicia | mercredi, 28 février 2007
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