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mercredi, 17 mai 2006
J'ai revu l'autre jour... "Qui veut la peau de Roger Rabbit ?"
Ce film fait profondément partie de mon enfance, à l’instar de beaucoup de personnes nées dans la première moitié des années 80 j’imagine. Dans la cour de récré de mon école primaire, le film de Robert Zemeckis était plus que populaire : c’était une référence, un foyer inépuisable d’allusions et d’imitations, à côté d’Indiana Jones et de la série animée Tintin. Il est repassé sur grand écran à Lyon il y a quelques jours, ça faisait très longtemps que je ne l’avais pas revu, et la salle débordait de dizaines d’enfants, venus en groupes entiers d’écoles ou de centres aérés ; ce ne fut pas sans une certaine émotion que j’entendis les enfants rire aux éclats durant la projection, faire des commentaires et, à l’issue de la séance, se raconter les scènes qui les avaient le plus marqués, en imitant avec force gestes les attitudes des personnages et leur voix.
Bien sûr, la vision de ce film a dix années d’intervalle n’est pas sans changer le regard de son spectateur : enfant, certains éléments de l’intrigue m’étaient paru obscurs et compliqués, en le revoyant maintenant, je m’étonne plutôt de la simplicité du récit. Le scénario et la photographie reprennent et manipulent avec bonheur les codes du film noir, en les mêlant à une esthétique cartoonesque. Le filmage de Zemeckis, en tout point admirable, parvient ainsi à remplir deux exigences complètement différentes, qui pourraient s’annuler entre elles, mais dont l’association crée l’identité si singulière du film.
On n’oubliera pas, bien entendu, le tour de force technique qu’avait constitué le film en son temps ; mais avec le recul, c’est plutôt le coup de force symbolique qui me frappe. Qui veut la peau de Roger Rabbit ? est en effet le film qui réunit dans des plans communs : Mickey Mouse et Bugs Bunny, Donald et Daffy Duck, et dans un grand plan final Porky Pig et la fée clochette ; bref il rassemble les personnages des trois grandes firmes de l’âge d’or du cartoon, Disney, Warner Bros., MGM (Tex Avery). On y croise Droopy, Betty Boop, Dumbo… J’ignore à combien de dizaines de milliers de dollars tous ces personnages ont pu apparaître dans un film produit par Disney, mais le résultat est là : dans l’espace-temps du film, tous ces personnages se côtoient sans étiquette de major, sans aucune question de rivalité financière et artistique (quoiqu’on peut lire le duel au piano entre Donald et Daffy comme une métaphore d’une lutte entre ces créations pour la popularité), bref ils évoluent dans un lieu rêvé (incarné par Toonville) où l’appât du gain et la rivalité entre firmes ont disparu, afin d’exacerber la jouissance pure procurée par le personnage de dessin animé. C’est ce qui en fait le film de l’innocence (ce qui ne veut pas dire de la naïveté) par excellence, où l’enfant comme l’adulte peuvent se livrer au plaisir rare de trouver réunis les figures essentielles du cartoon hollywoodien.
Rodolphe Bacquet
10:10 Publié dans Flashback | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note



Commentaires
Ce film est une bombe atomique.
A voir et revoir sans modération.
Ecrit par : Thomas L. | jeudi, 18 mai 2006
Et de nombreux problèmes non résolus d'hier, demain, sera plus facilement solubles.
Ecrit par : Amanda Classified Ads | jeudi, 19 mars 2009
Avec l'âge, nous comprenons le film plus en profondeur
Ecrit par : Lilu Classifieds | mardi, 21 avril 2009
Merci pour votre blog.
Ecrit par : Ann Ship Repair | jeudi, 28 mai 2009
J'aime cet film, merci.
Ecrit par : Leon Internet telephony | lundi, 01 juin 2009
c'est deja depuis longtemps que je tache de trouver un bon blog pour ameliorer mon francais. le votre me convient beaucoup, je l'ai ajoute dans le RSS et je vais le lire regulierement. merci!
Ecrit par : Ann custom software development | mardi, 29 septembre 2009
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