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vendredi, 28 octobre 2005

TV: Buffy contre les vampires

Un soir qu’il regardait un film d’épouvante classique dans lequel une jeune et jolie blonde à forte poitrine se faisait poursuivre par un monstre assoiffé de sang, Joss Whedon se dit qu’il serait marrant de voir, pour une fois, la blonde se retourner et attaquer le monstre. De cette idée toute simple est née Buffy. Ce personnage fit une première apparition dans un film à peine regardable, au bide retentissent. Il ne connut réellement le succès qu’en 1997 quand la série TV du même nom fut créée.


Buffy contre les vampire en VF. Buffy, the Vampire Slayer en VO. Avec un nom pareil, on se doute d’emblée que ce n’est pas le genre de série que risquent d’apprécier les « Cartésiens jusqu’au-boutistes », ceux qui ne tolèrent pas le moindre brin d’extravagance ou de fantastique dans les programmes qu’ils regardent. On y suit bien entendu les aventures de Buffy, incarnée par la désormais célèbre Sarah Michelle Gellar (vous savez : cette fille qui s’est tellement fait blanchir les dents qu’elle provoque désormais des éblouissements chez tous ceux qu’elle croise... Une arme anti-vampire de plus probablement).


Dans toute série, il faut des personnages secondaires intéressants et complémentaires du héros (ici de l’héroïne). Whedon a donc créé Giles, le prof que tout le monde aurait rêvé d’avoir tant il est sympa et disponible (et un peu coincé aussi), Willow la copine timide qui contraste avec Buffy, Alex (Xander pour ceux qui préfèrent la VO) le copain amoureux de l’héroïne… Il a également eu l’idée de deux vampires très particuliers : le premier, Angel, est un vampire torturé par ce qu’il a fait dans le passé et qui cherche à se racheter en aidant les Gentils ; Spike, le second, est également un suceur de sang mais qui lui apprécie beaucoup de l’être. De plus, son côté très décalé, très délirant, autant physiquement (cheveux blonds platine et manteau long de cuir noir) que dans ses actes le rend très agréable à voir évoluer au long de la série. D’autres personnages, pourtant bien sympathiques au début, vont en revanche très mal vieillir : Giles glisse lentement de son rôle de conseiller protecteur sympa vers celui de patron d’une petite boutique de magie dont les conseils sectaires n’intéressent plus personne, Alex lui fini par devenir un boulet tellement il n’apporte rien. Buffy elle-même deviendra insupportable dans les dernières saisons tant elle sera devenue froide et sans humour.


Les premières saisons étaient très agréables à regarder, très divertissantes. Les intrigues, les ennemis étaient recherchés et intéressants. Comme souvent, le profit engendré par tout le marchandising et les ventes à l’étranger a poussé les producteurs vers les saisons de trop (et les évolutions de personnages ratées): si on ne peut qu’apprécier des adversaires charismatiques comme Angel ou Spike, il faut être assez honnête pour reconnaître que l’Homme-Puzzle (Adam) ou le trio des étudiants abrutis ayant décidés de devenir des Méchants, par exemple, font plus pitié qu’autre chose.


L’exploitation de cette licence juteuse passa par la production de plusieurs jeux vidéo. Les plus intéressants furent les deux sortis sur consoles 128 bits (le premier exclusif à la Xbox) d’un jeu mélangeant beat them all et aventure : les phases de baston étaient très réussies bien qu’assombries par une gestion assez problématique de la caméra. Les phases de recherche, d’aventure au sens large, en revanche, étaient très pénibles : on revenait sans cesse sur nos pas, pour rechercher LE détail que les développeurs jugeaient suffisamment important donc indispensable pour nous empêcher d’avancer tant que l’on ne l’avait pas trouvé, nous obligeant ainsi à ré affronter sans arrêt les mêmes adversaires qui ressuscitaient à tout bout de champ (le genre d’énigmes débiles qui laissent une fille à la force démesurée bloquée devant une simple porte en bois…)

Cette série a été jugée puérile et sans intérêt par certains esprits trop étroits et rabats joie, qui n’ont pas su percevoir le plaisir simple qu'elle véhicule. Joss Whedon n’a jamais eu la prétention de créer une série révolutionnaire d’un point de vue technique ou scénaristique, il a seulement développé, en 144 épisodes, 7 saisons, un univers extraordinaire (au sens propre) dans lequel beaucoup ont pu oublier temporairement leurs soucis quotidiens. C’est déjà pas mal non ?

Stéphane D.

19:20 Publié dans TV | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : série TV

Commentaires

Tres sympa cette article, je suis d'accord avec toi Buffy n'est pas révolutionnaire mais reste une très bonne série. Petit point de details je ne pense pas que Buffy soit une jolie blonde à "forte poitrine". lol dsl je m'en vais

Ecrit par : neoslyder | vendredi, 28 octobre 2005

Merci. Je n'ai pas écrit que Buffy était une jolie blonde à forte poitrine, mais que Whedon avait eu l'idée de la série en voyant un film où une jolie blonde à forte poitrine se faisait coursée par un monstre...

Ecrit par : Stéphane D. | vendredi, 28 octobre 2005

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