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samedi, 24 septembre 2005
Critiques ciné: Broken Flowers
Benoît D. , connu de certains d'entre vous pour son personnage d'Orson Buse (issue de la série créée par Simon Gosselin), a gentiment accepté notre proposition: écrire un article sur un film récent qu'il a beaucoup apprécié. Il a choisi Broken Flowers.
Broken Flowers de Jim Jarmusch, « grand primé » du dernier festival de Cannes, raconte l’histoire de Don Johnston (Bill Murray), un quinquagénaire esseulé que le passé à rattrapé le jour où il reçoit une lettre anonyme lui annonçant qu’il a un fils de 20 ans. Sous l’impulsion de son voisin et ami Winston (Jeffrey Wright), il part à la recherche de l’expéditrice. En liste, 4 femmes, 4 fleurs habitées par le vécu, 4 fleurs épanouies chacune à leur manière.
Avec ce film, Jim Jarmusch signe un road movie qui, par son ancrage dans l'instant, semble réticent à l’idée d’en
être un, tout comme Don l’est vis-à-vis de ce périple. Il pose des questions sur la vie, le temps passé, et… le présent. La simplicité de la mise en scène est appréciable, et la magnifique BO accentue cette ambiance particulière que Jarmusch entretient à merveille, entre cinéma du vrai et comique absurde qui sent bon le théâtre de Beckett. La cocasserie de certaines situations ou dialogues sont magnifiquement desservies par le génie de Bill Murray, un jeu minimaliste qui rappelle sans conteste Buster Keaton.
Jim Jarmusch nous insuffle son état d’esprit : une rock n’roll attitude, une dégaine d’ado impertinent et un
« jemenfoutisme » démesuré. Ce film est le portrait d’un homme dépressif, totalement vide qui se raccroche à un semblant de vie et qui, au fur et à mesure du temps qui passe, est de plus en plus apathique. Prétend-il que l’on se bonifie avec l’âge ? La crise de la cinquantaine cache en vérité une véritable ode à la vie. Pour Jim Jarmusch, le temps n’a pas d’importance, seul l’instant présent compte... et en sortant du cinéma, j’ai fait du ménage dans mon répertoire.
Benoît D.
Le mot en + d'Aurélien D. : Le nouveau film du réalisteur de Ghost Dog s'inscrit au confluent de Kill Bill (le principe de la liste de gens à "rencontrer", doublée d'un retour vers le passé, à la fois personnel et cinéphilique) et de Lost in translation (Bill Murray semblent toujours aussi perdu). Le tout se déroule dans une atmosphère on ne peut plus détendue et les bobines défilent sans qu'on voit le temps passer. Cette fluidité étonnante du film (qui pourrait, à tort, amener à penser "c'est facile à faire") est la marque indéniable du brio de la mise en scène de Jarmusch.
note: 8/10
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